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L’apprentissage est social par nature

Sans remonter aux théories de Vygotsky ou d’ Albert Bandura, peut-être que le moyen le plus simple d'expliquer le social learning est de se pencher sur les travaux de Richard J. Legers (Harvard Graduate School of Education) qui a démontré que l’un des facteurs les plus importants de réussite dans l’enseignement supérieur est la capacité des étudiants à former et/ou à participer à des petits groupes d’études. Par rapport à ceux qui ont travaillé seul de leur coté, ceux qui ont étudié en groupe, ne serait-ce qu’une fois par semaine, sont plus impliqués, mieux préparés. Les élèves de ces groupes peuvent poser des questions pour éclaircir des zones d’incertitude, améliorer leur propre compréhension du sujet en entendant les réponses aux questions des autres élèves. L’élément le plus puissant étant la faculté de jouer le rôle d’enseignant pour d’autres élèves, étant démontré que la meilleure façon d’apprendre est d’enseigner.

La philosophie du social learning est en contraste avec la vision traditionnelle cartésienne de la connaissance et la formation. La perspective cartésienne suppose que la connaissance est une sorte de substance et que l’apprentissage est un moyen de transférer cette substance des formateurs à leurs élèves. De son côté, au lieu de partir du principe cartésien du «je pense, donc je suis», la vision sociale de l'apprentissage dit: «Nous participons, donc nous sommes. "
C’est en société que nous apprenons. L’observation, les discussions, la collaboration sont autant d’occasion d’apprendre. L’aspect social de l’apprentissage est fondamental. Le social learning n’est donc pas une nouveauté apparue avec le web 2.0.

L’apprentissage n’est pas un événement

Lorsque l’on parle d’apprentissage, on pense immédiatement à l’apprentissage formel, en d’autres termes à la formation et à l’enseignement. Ce type d’apprentissage programmé ne représente pourtant que 20% de ce que nous apprenons dans notre vie (voir les travaux de Cofer).

La résolution de problèmes, le design, la créativité, la recherche, l’expérimentation, l’innovation sont des apprentissages à part entière. Le partage d’expérience, l’observation, les discussions, l’entraide, la coopération sont aussi des apprentissages. 80% de notre apprentissage est donc imprévu, non programmé, informel.

Dans cette perspective, l’accent n’est plus mis sur le contenu mais sur les activités et les interactions humaines autour de ce contenu. Oui, le véritable apprentissage se trouve dans toutes les nuances de notre façon de collaborer, de partager, de travailler. L’apprentissage n’est pas ce moment en dehors du travail. Apprentissage et travail ne forment qu’un même flux. C'est un processus continu, une compétence, une capacité à agir.

Entreprise 2.0 = Apprentissage 2.0

Dans nos entreprises, nous savons que l'apprentissage informel est constamment à l’œuvre, mais la plupart du temps, les réponses ou les experts les plus à même de résoudre un problème ne sont pas connectés avec celui qui y est confronté. Les réseaux d'apprentissage social peuvent remédier à cette situation en donnant à chacun accès à un groupe beaucoup plus large de gens en mesure de l'aider.

Les technologies 2.0 sont des technologies habilitantes qui nous connectent les uns les autres, facilitent la communication et la collaboration. Mais ce ne sont que des technologies. Et le social learning, en permettant de capitaliser sur les flux toujours grandissants de savoir qui ont rendu poreux les murs de nos organisations, remplit les fûts vides du 2.0.

4C pour l’E2.0

Parce que le social learning requiert design, formation, accompagnement, leadership, veille et mise en avant des succès, petits ou grands, nous avons développé une approche novatrice et pragmatique pour accompagner nos clients tout au long de leur démarche, tant en interne (outils et apprentissage collaboratifs) qu’en externe (médias sociaux). Elle permet de faciliter la capture et la diffusion du savoir au sein des réseaux sociaux à travers un processus itératif et fractal qui peut se résumer en quatre étapes : Comprendre, Converser, Collaborer et Capitaliser.

Notre méthode des 4C s’appuie sur deux conséquences indirectes du 2.0, vitales pour la réussite de tout projet d’Entreprise 2.0 : la visibilité et la transparence.

socialearning - matrice 4c

 

Rendre le travail visible et transparent.

Une des conséquences inattendues et peu reconnues de la première génération d’outils informatiques (l’email, le traitement de texte,…) qui constitue notre environnement quotidien de travail, est d’avoir rendu les processus de travail moins visibles au moment où justement nous avions besoin qu’ils le soient le plus.

Les produits finaux de notre travail sont des abstractions très raffinées. Par exemple, cet article ne vous renseigne en rien sur l’idée de départ, son  évolution. De même, il ne vous renseigne pas sur les contacts que j’ai pu avoir avec mes pairs (via les réseaux sociaux ou lors d’échanges réels), ni sur mes propres expériences qui ont façonné ma réflexion.

Dans une entreprise, les gains de productivité personnelle, que l’on retire de l’utilisation de ces outils informatiques, se font souvent au détriment de l’apprentissage organisationnel.

Dans un monde 1.0, j’ai travaillé dans une société d’événementiel en charge du développement d’un salon professionnel. Mes objectifs commerciaux, pour un novice comme moi, semblaient irréalisables. Le seul moyen de les atteindre était d’arriver à fédérer toutes les parties prenantes autour du projet en servant leurs objectifs (explicites ou non). Ce n’était pas les tableaux de bords des éditions antérieurs, ni les bases de données commerciales, et encore moins les comptes rendus froids des réunions passées qui allaient m’aider à comprendre cet univers.

J’ai eu la chance d’avoir un PDG qui pendant des mois m’a ouvert la porte de son bureau. J’ai pu accéder à toutes ses notes, ses emails, son carnet d’adresse. J’ai participé à l’ensemble de ses échanges formels et informels sur le sujet. En quelques mois, j’avais pu me faire une cartographie assez précise de l’univers florentin dans lequel je devais naviguer et proposer une stratégie qui allait faire de ce salon un must go de la profession. En rendant son travail observable, ce PDG m’avait donné une chance inestimable d’apprendre.

La transparence est la clé du social learning et de l’entreprise 2.0.  Cette transparence favorise l’accès aux personnes et aux informations dont nous pouvons avoir besoin pour prendre les bonnes décisions. Elle est la conséquence de la communication ouverte et multidirectionnelle que permettent les outils sociaux. Elle ne peut pas se décréter ou être forcée. La transparence dans l’entreprise 2.0, c’est rendre nos actions et décisions visibles pour les autres. C’est le partage d’information. C’est savoir qui a fourni cette information. On parle ici de responsabilisation et de reconnaissance. En rapprochant les personnes,  leurs expériences et leurs idées, le social learning permet d’accroître notre confiance dans l’information partagée et dans ceux qui l’ont créée.

Passer du modèle « command & control » à celui de « connect & animate ».

C’est cette transparence qui challenge le plus le modèle classique de management du type « command and control ». Les managers doivent accepter que l’information se crée et circule plus vite sur les réseaux. Ils doivent aussi comprendre que ce mouvement se fait le plus souvent en dehors de leur contrôle.
Dernièrement, un de nos clients me disait : « le problème dans votre démarche, c’est que si l’on donne la parole à tous, ils risquent de la prendre !» Justement, c’est cette obligation d’ouverture et de transparence qui accompagne l’entreprise 2.0 qui doit pousser la direction à innover et à adopter un modèle « connect and animate ».

Livre blanc Entreprise 2.0

Votre DSI, votre service juridique vous parleront des risques. Mais ces risques peuvent être gérés. La valeur créée par une plus grande transparence dans l’entreprise est largement supérieure aux coûts potentiels. Les vrais risques sont plutôt liés au manque de transparence, aux mauvaises prises de décisions, à la reproduction des mêmes erreurs ou du même travail, à l’incapacité à innover, à comprendre et satisfaire les attentes des clients.

Jusqu’à présent les avantages concurrentiels se construisaient sur l’asymétrie de l’information. Dorénavant, nous nous trompons si nous pensons qu’un accès unique à une information peut être un avantage. Aujourd’hui dans un environnement complexe, les vrais avantages concurrentiels sont créés par des gens capables de trouver des informations pertinentes, de les transformer en connaissances pratiques et de créer de la valeur avec. Le défi consiste à trouver, attirer et retenir ces personnes. Le défi est de créer un environnement où ce talent peut être développé et utilisé à sa pleine mesure. Et la transparence est obligatoire dans un tel environnement.

 

Retrouver cet article dans le Livre blanc "Entreprise 2.0", un ouvrage collectif et collaboratif dont la publication a été coordonnée par Anthony Poncier.

Consultez le livre blanc "L'entreprise 2.0"

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